Laurent Quin, Maryse sa muse, et une amie Christiane, assis sous des portraits de Maryse.
Je vous le disais, Laurent Quin est secret. La surprise était au rendez-vous de son exposition hier au soir.
Le lieu d'abord: une salle dans le pavillon psychiatrique à l'Hôpital Nord de Saint-Etienne.
La porte d'entrée passée, un gardien se tient assis derrière une table. Il nous indique la salle d'exposition.
Nous déambulons dans un couloir vide, d'ambiance glaciale, sans fin. Des affiches revendicatives du personnel, libellées en noir et rouges, sont dispachées sur les murs. Elles donnent le frisson. Quelques dessins colorés, probablement réalisés par les malades, les côtoient. Ils sont très colorés et plutôt rassurants.
Nous arrivons enfin dans une petite salle plus accueillante. Quelques chaises et fauteuils aux tons que je trouve froids, même si certains sont orange.
Sur les murs, une dizaine de clichés pris par l'artiste, déclinant en plusieurs exemplaires, le portrait d'un personnage, sa muse, Maryse.
De charmantes infirmières servent un cocktail de fruits savoureux et offrent des petits fours. Des malades du service vont et viennent, plus intéressés par les gens de passage que par les photos.
Nous sommes plongés dans un monde qui nous est étranger mais qui nous pousse à nous interroger sur nous-mêmes. Nous avions oubliés que des êtres humains avaient à souffrir de certaines maladies qui les confinaient à l'hôpital durant de longues périodes sans doute, et nous prenions conscience que cela pouvait nous arriver à nous aussi.
Laurent Quin présent, nous expliquait que ces patients avaient droit, eux aussi, à de belles réalisations et de belles rencontres.
C'est donc bien volontiers qu'il avait accepté, sur la demande de membres du personnel, d'exposer certaines de ses œuvres.
Merci Laurent, de nous avoir ouvert les yeux sur une forme de misère humaine que nous avions tendance à reléguer au plus profond de nous. Et bravo pour ton grand cœur!